préhistoire de la Côte-d'Or

La plus vieille histoire de notre département la Côte-d’Or

Dans les cadres généraux de la préhistoire, tels qu’ils viennent d’être rapidement tracés, viennent s’ordonner les matériaux rassemblés en Côte-d’Or depuis le milieu du siècle dernier par de nombreux et méritants chercheurs et les traits essentiels de la plus vieille histoire de notre département peuvent être esquissés. Au moyen-âge de la pierre taillée, la Côte-d’Or fut fréquentée par d’assez nombreux groupes de chasseurs de chevaux et de bisons, localisés surtout dans l’Auxois et le long de la Côte ; elle fut ensuite presque désertée par les chasseurs de rennes du paléolithique supérieur, et c’est fort dommage car ils furent les premiers artistes.

Les agriculteurs et les pasteurs de la pierre polie s’étendirent très largement dans la région ; chez eux s’insinuèrent sous les influences venues de l’extérieur l’habitude de construire des monuments en grande pierre (dolmens de l’arrière Côte, menhirs de l’Auxois) et l’usage des premiers métaux (cuivre et bronze). Les gens de l’âge du bronze paraissent avoir été moins nombreux. Avec l’âge du fer commence une nouvelle expansion que n’arrêtera pas la conquête romaine, mais qui sera brisée par les invasions à partir des IIIe et Ve siècles de notre ère.

Ce sont les gens du premier âge du fer et ceux du début du second qui ont édifié pour leur chef les tumulus, ces tombeaux en forme de tas de pierre, une des richesses archéologiques de notre département ; ils ont livré la moitié environ des premières grandes épées de fer trouvées en France ; ce sont aussi les gens de l’âge du fer qui ont organisé les grands camps fortifiés, une autre richesse de notre territoire, en particulier ceux d’Etaules, de Messigny, de Bouilland, d’Auxey, de Château-beau ; l’oppidum de Vix se présente d’une autre façon, mais les tombes princières qui l’entourent montrent à quel degré d’opulence étaient parvenus les chefs locaux vers le milieu du dernier millénaire.

Au cours des cinq derniers siècles qui ont précédé notre ère, les Celtes ou Gaulois prennent possession du pays, s’y installent et l’organisent, si bien que c’est dans une contrée prospère, possédant une civilisation originale que se heurtèrent les armées gauloises et romaines devant cet Alésia que les découvertes récentes maintiennent avec plus de force que jamais en Bourgogne.

Lacunes

 

Cette évocation pourrait laisser croire que la préhistoire de Côte-d’Or est parfaitement connue. En réalité, d’énormes lacunes subsistent et de nombreux problèmes restent posés.

Nous ne connaissons pratiquement rien sur la très longue période du début du quaternaire jusqu’au moyen âge de la pierre taillée, c’est-à-dire de 1.700.000 à 60.000 ans avant notre ère. Et nous ignorons aussi ce qui s’est passé entre 10.000 et 3.000, c’est-à-dire dans les temps qui se sont écoulés entre la fin de la pierre taillée et l’apparition dans nos contrées des agriculteurs néolithiques. Voilà deux lacunes de taille ! Il appartient aux recherches futures de les réduire.

Quels furent les plus anciens Côte-d’Oriens

 

Nous sommes aussi très mal renseignés sur le type physique des hommes qui ont occupés notre pays durant la préhistoire. Pour toute l’immense durée de la pierre taillée, nous ne possédons qu’un seul vestige intéressant : les débris du crâne néandertalien trouvés à Genay, en 1955, et qui sont de la fin du moyen âge de la pierre taillée (60 à 50.000 ans avant J.C.)

De la pierre polie et de l’âge du bronze nous ne possédons que quelques rares squelettes. Quelques crânes retirés des tumulus de l’âge du fer ont jadis été étudiés par  Hamy ; plus récemment ont fait l’objet d’un examen soigné le crâne de la «Dame de Vix» et la petite population inhumé vers les débuts du second âge du fer dans l’aven d’Aurélie, à Lux. Ce maigre bilan montre le travail considérable qui reste à faire dans le domaine de l’anthropologie préhistorique en Côte-d’Or.

Animaux et plantes

 

Si nous connaissons assez bien le monde animal du dernier millénaire de la pierre taillée, pour les périodes suivantes nos connaissances s’estompent. À partir du moment où les beaux objets de pierre polie ou de métal apparaissent, l’attention des chercheurs s’est concentrée presque exclusivement sur eux ; comme il serait intéressant néanmoins de savoir quels animaux domestiques et la faune sauvage aux temps de la pierre polie et durant les âges des métaux.

Le monde végétal est pratiquement inconnu ; cependant des troncs de résineux, renversés probablement par les débâcles glaciaires de la fin du paléolithique, gisent sous les graviers de la plaine des Tilles, des tourbières formées vraisemblablement au début de la pierre polie occupent d’importantes surfaces dans le Châtillonnais et le Morvan, des pollens datant d’au moins 50.000 ans ont été décelés dans le «mâchefer» de l’Auxois. Que de possibilités ouvertes pour décrire les aspects variés que d’âge en âge, les plantes ont donnés à nos paysages.

Le climat

 

Nous avons appris au cours des dernières années que les variations de climat, particulièrement les alternances de gel et de dégel, ont contribué à donner à notre pays beaucoup de ses traits actuels, ses belles corniches rocheuses, ses «bout du monde» sauvages et ses vallées mortes encore toutes surprises de ne plus voir l’eau coulé sur leur fond. Mais quelle a été l’ampleur de ces variations climatiques, leur nombre, le rythme selon lequel elles se sont succédé ? Toutes questions qui restent ouvertes, liées à une autre d’ailleurs : où trouver le chronomètre qui permettra d’établir sur des bases sûres les concordances et les successions entre ces divers événements ?

Le carbone radio-actif arrive à donner des dates jusqu’aux environs de 60.000 ans, mais encore faut-il trouver du carbone en quantité suffisante pour tenter la datation… et un laboratoire qui veuille bien le faire. Quoi qu’il en soit les variations climatiques et leur succession constituent un des thèmes majeur de la recherche préhistorique dans notre région. Les alternances de gel et de dégel ont joué un rôle capital au cours de l’âge de la pierre ancienne ; le froid sibérien qui a sévi à la fin de cette période a laissé des traces si nettes que des géologues étrangers viennent étudier les phénomènes glaciaires dans notre département.

D’autres types de changement de climat expliquent maints aspects des âges plus récents ; jusqu’àa ces derniers temps, était couramment admise l’opinion que les gens de la pierre polie et du bronze vivaient dans les grottes et sur les camps des hauteurs ; récemment leurs habitats véritables ont été découverts dans les plaines et les parties basses du pays ; ils y sont recouverts d’un épais manteau de limon arraché aux pentes voisines par les précipitations du début de l’âge de fer.

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