LES DEUX VOYAGEURS

Le compère Thomas et son ami Lubin

Allaient à pied tous deux à la ville prochaine.

Thomas trouve sur son chemin

Une bourse de louis pleine ;

Il l’empoche aussitôt. Lubin, d’un air content,

Lui dit : « Pour nous la bonne aubaine !

— Non, répond Thomas froidement,

Pour nous n’est pas bien dit, pour moi c’est différent.»

Lubin ne souffle plus ; mais en quittant la plaine

Ils trouvent des voleurs cachés au bois voisin.

Thomas, tremblant, et non sans cause,

Dit : « Nous sommes perdus ! – Non, lui répond Lubin,

Nous n’est pas le vrai mot ; mais toi, c’est autre chose. »

Cela dit, il s’échappe à travers les taillis.

Immobile de peur, Thomas est bientôt pris :

Il tire la bourse et la donne.

 

Qui ne songe qu’à soi quand sa fortune est bonne

Dans le malheur n’a point d’amis.

Florian

 

MAXIME

L’avare perd tout en voulant tout avoir.

 

CONSEILS PÉDAGOGIQUES

Explication de la fable :      Thomas est un égoïste dont la punition d’ailleurs ne se fait pas longtemps attendre.

Il ose prendre à l’égard de son compagnon, de son ami, le ton de la raillerie froide : «Pour nous n’est pas bien dit, pour moi c’est différent », ce qui veut dire qu’il n’entend pas du tout partager la trouvaille.

Lubin, au lieu de lui venir en aide, lui rend sa raillerie dès qu’il le voit entre les mains des voleurs, terrifié par la peur même de perdre sa bourse.

L’auteur a donc raison de faire entendre par sa maxime que l’égoïste ne trouve point d’amis pour lui venir en aide quand le malheur frappe à sa porte.

 

Explication des mots : Compère, mot familier pour désigné un homme rusé. – De louis pleine, inversion, pour pleine de louis, c’est-à-dire de pièces d’or. – Aubaine, profit sur lequel on ne comptait pas. – Taillis, bois de deux à quatre ans.

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